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Xavier Bettel reçoit Mark Rutte pour une entrevue consacrée principalement au "problème des réfugiés" et à la "crise migratoire" en Europe
Le 9 septembre 2015, le Premier ministre, ministre d’État, Xavier Bettel, a reçu Mark Rutte, Premier ministre des Pays-Bas, pour une visite officielle. Leur entretien a porté en grande partie sur le "problème des réfugiés" en Europe ainsi que sur les travaux en cours sous Présidence luxembourgeoise du Conseil de l’Union européenne, alors que les Pays-Bas prendront le relais au premier semestre 2016. La solidarité au-delà de l’Europe, la question des quotas pour la relocalisation des réfugiés au sein de l’UE, celle de la liste des pays sûrs commune à tous les Etats membres et le rôle central du Conseil JAI pour la prise de décision ont été abordés.
Xavier Bettel a rappelé la position de la Présidence luxembourgeoise face au "problème des réfugiés" et à la "crise migratoire" qui affectent actuellement l’Europe : "une solution nationale n’est pas une solution, nous avons besoin d’une solution européenne", a-t-il dit, insistant sur l’importance de la "solidarité en Europe mais aussi autour de l’Europe", avec le continent africain par exemple. A ce titre, le Premier ministre a rappelé qu’un Sommet sur la migration aura lieu les 11 et 12 novembre 2015 à La Valette (Malte) pour "trouver des solutions ensemble". "Mais il ne faut pas attendre le mois de novembre pour prendre contact avec les autres pays et continents, nous devons le faire dès maintenant", a précisé Xavier Bettel.
Il a répété que la solidarité ne pouvait "pas être basée seulement sur 28 Etats membres de l’UE", mais devrait aller au-delà. "Nous avons besoin de l’Afrique et d’autres continents dans ce contexte", a-t-il poursuivi. Il a exprimé l’espoir "qu’autour des pays où des conflits se déroulent, il y ait aussi de la volonté [d’accueillir des réfugiés, ndlr], ce qui n’est pas le cas chez certains". Il a salué en revanche les "énormes efforts" de pays comme la Turquie, la Jordanie ou le Liban "dont le quart de la population est composé de réfugiés syriens".
Xavier Bettel a évoqué la nécessité d’une liste des pays sûrs au niveau de l’UE (actuellement les Etats membres possèdent des listes nationales qui divergent) sur laquelle travaille la Commission européenne, ce genre de liste permettant de traiter de manière accélérée des demandes émanant de ressortissants qui en sont issus. "Nous voulons une solution européenne (…), à court, moyen et long terme", a souligné Xavier Bettel, qui a indiqué que si tel n’était pas le cas, le Luxembourg préparait la possibilité avec ses voisins néerlandais et belges de définir une liste commune au niveau du Benelux et de mettre en place "une coopération plus large au niveau des retours des personnes auxquelles le statut de réfugié n’a pas été accordé".
Enfin, le Premier ministre a appelé à ne "pas confondre migrants et réfugiés", précisant qu’il y a des "gens qui viennent pour des raisons économiques et d’autres qui viennent pour survivre". "Ici, il ne s’agit pas de gens qui veulent avoir une vie meilleure, mais de gens qui veulent avoir une vie, tout simplement. Ce sont eux qui ont la priorité, et c’est pour cela que la liste des pays sûrs est importante", a insisté Xavier Bettel. "Nous n’avons pas de place pour des personnes dont le but est uniquement d’avoir une vie meilleure", a-t-il conclu.
Sur la mise en place de quotas pour relocaliser les demandeurs d’asile dans les Etats membres de l’UE en cas d’afflux massif de migrants et de candidats à l’asile, le Premier ministre luxembourgeois a indiqué que si ces dispositifs pouvaient aider, alors il était pour. Cependant, alors que le nombre de personnes qui rejoignent l’Europe va encore croître, Xavier Bettel a jugé qu’il était important de traiter le problème migratoire à un niveau global et non au niveau national.
En réponse à la question d’un journaliste, le Premier ministre a précisé que selon lui, les quotas n’étaient "pas la meilleure solution, ni celle que nous préconisons", considérant qu’ils consistaient en un "aveu que l’on ne se met pas d’accord". "Mais s’ils sont le seul moyen de trouver une solution à court terme, alors c’est celle-là", a-t-il poursuivi, notant que cela ne pouvait être une mesure unique mais qu’il y avait "besoin d’un mécanisme permanent".
Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a appuyé son homologue luxembourgeois sur ce point, soulignant lui aussi le besoin d’un système permanent de relocalisation des demandeurs d’asile dans l’UE. Un tel système permettrait notamment selon lui de mettre un terme aux mouvements secondaires des candidats réfugiés en vue de déposer leur demande dans le pays qu’ils considèrent le meilleur pour ce faire, ce qui "contrevient à tous les principes" des règles européennes en la matière. Sur le moyen terme, il s’agit par ailleurs pour Mark Rutte d’agir contre les passeurs. "Nous avons besoin de ces deux choses en même temps, car on ne peut pas être d’accord sur les quotas si on n’a pas un engagement clair sur le moyen terme", a-t-il dit.
Xavier Bettel a par ailleurs tenu à rappeler l’importance du Conseil Justice et Affaires intérieures (JAI) comme étant "le lieu où doivent se tenir les discussions et où les solutions doivent être trouvées", un avis partagé par le Premier ministre néerlandais, qui a lui parlé d’une "approche intégrée". "Une réunion au niveau des chefs d’Etat ou de gouvernement n’est pas le niveau adéquat, le Conseil JAI est le lieu où les ministres de l’Immigration et de l’Intérieur doivent trouver des solutions, ceux sont eux qui sont le plus à même de trouver les mesures adéquates", a précisé Xavier Bettel.
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